Jacques Bianchi JB300 (1993) – La plongeuse de dotation de l’Armée de terre

Au début des années 1990, alors que la Marine nationale disposait déjà de ses icônes, c’est l’Armée de terre qui lance un appel d’offres pour équiper ses plongeurs. Le projet est confié à Jacques Bianchi, horloger marseillais déjà connu pour ses montres de plongée professionnelles.

Le résultat : la JB300, une plongeuse robuste, lisible et terriblement efficace. Distribuée à partir de 1993, elle fut réservée à la dotation militaire — aucune pièce n’était destinée au grand public. Les exemplaires observés aujourd’hui sont pour la plupart issus de ces lots, souvent gravés au dos « 5 93 XXX ».

Le boîtier, taillé dans l’acier 316L, affiche environ 42 mm de diamètre pour 20 mm d’entre‑cornes. Sa carrure satinée limite les reflets, tandis que la lunette unidirectionnelle à 60 clics, dotée d’un insert noir mat, garantit une manipulation sûre même avec des gants. Le cadran, véritable manifeste de lisibilité, présente de larges index ronds et rectangulaires, un triangle à midi et un discret anneau 13–24 h imprimé en rouge. Les aiguilles, massives et généreusement recouvertes de matière luminescente, se détachent nettement sur le fond noir. La trotteuse, avec sa pastille lumineuse, anime l’ensemble d’un mouvement régulier et hypnotique.

Sous le verre plat, l’étanchéité est annoncée à trois cents mètres : la promesse d’une montre‑outil avant tout.

À l’intérieur bat un ETA 2824‑2 automatique, calibre réputé pour sa fiabilité et sa simplicité d’entretien. Le fond vissé, toujours gravé du lot et de l’année, achève de sceller la montre.

À l’époque, les bracelets fournis étaient en sangle ou en tropic noir : pratiques, sobres et interchangeables.

Entre 1993 et 1994, plusieurs petites variantes apparaissent. La plus courante arbore un cadran marqué « Armée de terre » sous le douze, le texte « Bianchi Marseille – 300 m – Automatique » en partie basse et un anneau 24 h rouge. Les premiers exemplaires utilisaient un lume au tritium, vite remplacé par du Luminova sur les pièces tardives ou lors de re‑luminages ultérieurs. Toutes conservent la même architecture, le même esprit et le même ADN militaire.

Pensée pour la lisibilité, la JB300 était d’abord un instrument. Son large cadran contrasté, sa lunette crantée et son absence totale d’artifice servaient un seul but : permettre aux plongeurs de l’Armée de terre de lire l’heure immédiatement, même dans la boue, le froid ou l’eau trouble. Plusieurs témoignages d’époque évoquent la robustesse exceptionnelle de la montre et la précision de son calibre malgré les chocs et les changements de pression. Peu de modèles incarnent aussi bien la définition de « montre‑outil ».

Une version civile de la JB300 était également commercialisée. Elle est notamment visible dans un magazine Océan de 1998 :

Encart présentant la JB300 civile en 1998.

Laisser un commentaire