Je partage ici plusieurs anciens catalogues horlogers ou dossiers de magazines, principalement sur les montres de plongées.
1986
Le Monde de la Mer Magazine – Montres de plongée, le prix de la sécurité



Le Monde de la Mer (1986)
Dans l’éventail particulièrement ouvert qui s’offre à qui cherche une bonne montre de plongée, le choix repose sur un certain nombre de critères de sélection, en sachant, dès le départ, que pour disposer d’un modèle fiable et bien étanche, correspondant donc à un programme de plongée, il faut y
mettre le prix. Ici, le miracle n’existe pas.
Première chose à faire: prendre un grand carton, format cartons à cigarettes, du genre de celui dans lesquels les corailleurs stockent leur production. Puis, y jeter sans un regard, tous les modèles dits « water resistant », étanches à trente ou soixante mètres. D’accord, leur prix est attractif, mais, sauf cas exceptionnel, ce sont des modèles faits
dans un boîtier de ville, plutôt plat, incapable de résister à une réelle pression, souvent sensibles à la corrosion. C’est là un premier élément: une montre de plongée digne de ce nom doit être testée à cent mètres, mieux à deux cent mètres. Les modèles homologués encore plus profond comme l’Imer de Constant Beuchat étanche à mille mètres ou la Sea Sweller de Rolex testée à 1220 mètres ne sont pas le résultat d’une « folie des profondeurs » de la part de leur fabricant, mais la garantie d’une étanchéité totale, suivant l’adage : qui peut le plus, peut le moins.Cette sélection préalable étant faite, le parc des montres restant s’éclaircit considérablement… Les montres de plongée se répartissent en deux grandes familles: celles à affichage digital par cristaux liquides et celles dites analogiques, un terme peu utilisé pour qualifier tous les modèles classiques à aiguilles.
Apparu voici une dizaine d’années, l’affichage digital s’est attaqué marché de la plongée voici sept ou huit ans, y réalisant une percée spectaculaire. Une marque japonaise en est l’actuel champion : c’est Casio qui propose plus de douze modèles différents dont la DW 300 étanche à 300 mètres. Ce type de montre, très démarqué des classiques, on l’aime ou on ne l’aime pas. Performantes, les Casio sont tout à fait robustes. Elles offrent de nombreux avantages: chronomètre avec remise à zéro pour les paliers, alarme sonore préréglable etc… Leur esthétique est affaire de goût mais, contrairement à une idée répandue, elles restent bien lisibles, même en profondeur.
On pourrait en revanche leur reprocher le nombre de leurs boutons-poussoirs qui sont — théoriquement, bien sûr – autant d’entrées d’eau potentielles.Les autres montres de plongée sont donc à aiguille, avec la fiabilité totale qu’offre cette formule.
Face aux marques inconditionnelles du mouvement automatique, comme
Rolex, passée maître dans ce domaine, le raz de marée du mouvement à quartz a submergé la quasi totalité des fabricants : Yema, Aquastar, Citizen, Omega, Eterna, etc.D’une précision de l’ordre de deux à dix centièmes de seconde, le principe du quartz est aujourd’hui totalement maîtrisé. On pourra lui reprocher l’obligation de changer tous les deux ans la petite pile qui l’alimente.
Mais l’inconvénient peut se transformer en avantage car cette simple opération pourra être l’occasion de soumettre la montre à une bonne révision d’étanchéité, dans toute la mesure du possible par un spécialiste en horlogerie de plongée. Il est erroné de croire qu’une montre, quelle qu’elle soit, offre une fiabilité totale au niveau étanchéité, passé deux ou trois ans.Aux côtés des boîtiers en acier inox apparaissent ceux en titane, un matériau rare aux qualités très performantes, les chasseurs sous-marins ne diront pas le contraire… Les modèles ainsi réalisés se retrouvent, entre autre, chez Citizen, Seiko, etc… Difficile d’apporter une opinion sur ce point, l’arrivée du titane dans ce domaine étant trop récente. Le prix, lui, est au rendez-vous….
Le verre de la montre peut être en plexiglass (robuste, bon marché, de 20 à 30F, mais très sensible aux rayures), de type minéral (solide, peu rayable et légèrement plus cher, 50 à 60 F) ou, tendance nouvelle, en saphir. Côté dureté, celui-ci se place juste après le diamant. Autant dire qu’il est impossible de le rayer. Il est cependant exposé aux chocs vio-lents, du fait de son extrême dureté. Prix pour un tel verre: 300 à 500 F.
Le cadran doit être très lisible, même par luminosité réduite. C’est essentiel en plongée, surtout lorsque la narcose gagne… Sur fond noir, les lettres et aiguilles en tritium blanc constituent la meilleure solution, la montre Jacques Bianchi en est un exemple.
Quant à la lunette dont les graduations permettent de mieux visualiser le temps de plongée, elle est dans presque tous les cas à cliquet avec impossibilité de revenir en arrière (Doxa, Yema, Omega, Aquastar, Eterna, etc.). Les lunettes dites à friction sont de qualité plus discutable sauf celle des Rolex, qui est un must en son genre.Reste le bracelet. Là aussi, perdez vos illusions et vos espoirs d’économie. Trois ou quatre cent francs sont le minimum pour avoir un bon bracelet métallique avec fermoir et sécurité fiables. Les bracelets en caoutchouc doivent être épais. Attention au risque de coupure progressive au niveau des tiges de fixation sur le boîtier. On peut aussi choisir un de ces bracelets ultra-simples en vente dans les surf shops : une bande passant sous le boîtier et fermant avec un velcro ou une boucle classique.
Pour moins de trente francs, la certitude de ne pas perdre la montre si un des axes se brise !En marge des « classiques», voici les nouvelles tendances, notamment au niveau des fonctions.
Chez Cavalero, un très joli modèle possède, accouplée au boîtier, une boussole.La montre homme Scubapro peut se désolidariser de son bracelet pour se fixer sur une plaquette métallique sur laquelle est imprimée une table des paliers.
Chez Citizen, l’Aqualand est à elle seule une petite révolution, avec
profondimètre incorporé, alarme de profondeur maximale programmée, alarme de durée du temps d’immersion, mémoire de profondeur maximale, etc… L’Aqualand préfigure-t-elle la génération des montres « intelligentes » ?Innovation aussi dans les matériaux et la présentation. Exemple: la Formula 1 de Tag Heuer, étanche à 200 m, avec boîtier en acier et fibre de verre au choix jaune, gris, vert, etc… et lunette de couleur différente, assortie à celle du bracelet. En tout, six coloris gais au look sympathique.
Comment ne pas parler de plongée, sans parler des… plongeuses pour lesquelles certaines marques proposent d’authentiques petites mer-
veilles (Scubapro, Doxa, Eterna, etc.). Merci pour elles.Dernier point, le prix. On l’a dit: les paramètres de sélection d’une bonne montre de plongée imposent un investissement minimal, en regard de la qualité du boîtier et de son usinage, du mouvement, de l’assemblage et de l’étanchéité. Ne pas oublier non plus le service après vente offert par une marque réputée. La qualité se paie et 800 à 1 000 F constituent un seuil pour accéder à un produit sur lequel on pourra compter en plongée, domaine où la panne peut avoir des conséquences plus malvenues qu’un simple retard chez votre dentiste…
Références présentées le dossier :
- Aqualand de Citizen (200 m). 3 800 F.
- Imer de Constant Beuchat (1000 m). 1 728 F
- Jacques Bianchi (200 m). 950 F.
- Kontiki Bicolor, dame de Eterna (100 m). 3 950 F.
- Kontiki Bicolor, homme de Eterna (100 m). 4 500 F.
- Submariner de Rolex (300 m). 10 960 F.
- Sea Dweller de Rolex (1220 m). 12 380 F.
- Challenge France de Yema (100 m). 1 195 F
- Superman de Yema (100 m). 950 F.
- Formula 1 de Tag Heuer (200 m). 960 F.
- Scubapro dame (200 m). 1 595 F.
- Benthos Il d’Aquastar (1000 m). 2 770 F.
- Le Forban (200 m). 1 598 F.
- Montre boussole de Cavalero (100 m). 1 800 F.
- La Casio D.W.300 (300 m). 599 F.
