Le magazine Océans, publiait régulièrement des informations sur le matériel de plongée, et notamment les montres.

Voici un dossier tiré de l’édition de novembre 1981 et décembre 1981.

L’heure c’est l’heure, qu’elle soit en chiffres romains, en chiffres arabes ou sans chiffres du tout.
Mais il existe des quantités de façon de la fabriquer, de l’habiller, de la protéger, de la porter, et même de la lire.
A quelques semaines des fêtes de fin d’année, nous avons réussi un coup de filet sur cinquante-cinq d’entre elles.

Plongez, nagez, surfez avec votre montre étanche. A condition, bien sûr, qu’elle le soit vraiment. Mais surtout, enlevez-la pour prendre votre douche ou votre bain, et même pour vous laver les mains. Non, ce n’est pas une boutade. Tous les spécialistes vous le diront : les pires ennemis des joints qui assurent l’étanchéité des montres sont des agents chimiques dont on ignore d’ailleurs largement l’identité mais dont on suppose qu’ils sont contenus dans les savons ou les shampooings. Ce qu’on sait, c’est qu’ils finissent par ramollir et déformer la matière souple au point d’en faire finalement une espèce de pâte informe incapable de remplir la moindre fonction.

Voilà l’une des informations les plus intéressantes que l’on peut recueillir auprès d’un horloger spécialiste de l’étanchéité comme M. Bianchi à Marseille. Mais il en est d’autres assez étonnantes. Les normes en vigueur chez les fabricants sont très floues, même si le centre d’études techniques de l’horlogerie s’efforce de mettre de l’ordre dans la maison. Par exemple, la dénomination traditionnelle « water proof »‘ est en train de disparaître au profit d’une autre, « water resistant ». Que veut-elle dire ? Très concrètement que la montre a été contrôlée à une pression minimale de six bars qui correspond à une profondeur d’environ soixante mètres.
C’est déjà pas mal, direz-vous. Et vous ajouterez en vous-même : « Pourquoi m’embarrasser d’une grosse montre de plongée pour faire une sortie de chasse sous-marine, alors que je ne dépasse jamais la profondeur de vingt mètres ? »‘
Oui, mais voilà, l’interprétation des normes, ou des chiffres inscrits sur les montres, n’est pas si évidente. Une montre « water resistant »‘ correspond en fait à un produit conçu pour supporter sans dommage une ou plusieurs immersions accidentelles, mais pas une utilisation prolongée en immersion.

Parlons donc un peu technique pour mieux comprendre la différence qui existe entre une montre conçue pour la plongée et une montre simplement étanche. Tout le monde connait la forme massive et un peu lourde des montres de plongée dont la célèbre Rolex est l’archétype. Leurs concepteurs choisissent généralement un boîtier en acier inox largement dimensionné, dont l’échantillonnage garantit à la fois la résistance à la pression et la résistance aux chocs, on sait qu’ils sont fréquents en plongée, un mécanisme autonome qu’on ne remonte pas et qui nécessite le moins possible de manipulations au niveau du remontoir, un fond vissé avec un joint plat, ou torique, et une couronne vissée, ou une couronne classique, avec double joint.

Quant au verre, il peut être soit en plexiglass, ou dans une matière similaire, qui est un peu coûteux mais qui se raye facilement, soit en verre minéral. Dans ce cas, s’il est en verre ordinaire, il est relativement fragile à moins, comble de raffinement, d’être en saphir quasiment inrayable. Quoiqu’il en soit, il vaut mieux que la surface supérieure du verre ne dépasse pas le niveau de la lunette de façon à ce qu’il n’encaisse pas tous les chocs.
La plupart du temps, l’étanchéité au pourtour du verre est garantie par une bague de téflon qui se loge dans la gorge de la lunette où le verre est ensuite chassé de force.

Bien entendu, les fabricants choisissent en général de limiter les entrées d’eau possibles au strict minimum, ce qui les conduit à ne doter leurs montres que d’un seul remontoir, d’ailleurs protégé des chocs par le boitier de la montre qu’on touche le moins souvent possible. Ils sont parfois équipés de plusieurs joints toriques placés de telle sorte que le plongeur puisse, sans crainte de « couler » sa montre, les manipuler dans l’eau. C’est le cas de la Rolex qui est équipée à ce niveau de pas moins de quatre joints toriques. Enfin, ces modèles portent l’indication de la profondeur effectivement testée.

La complexité des montres de plongée justifie largement, mais sans doute pas entièrement, leurs prix en général très élevés qui découragent bien des candidats acheteurs, lesquels se tournent aujourd’hui volontiers vers les nouvelles générations de montres dites étanches. Celles-ci s’inspirent souvent des montres de plongée dans leur esthétique générale et, comme elles, elles ont recours à des bracelets métalliques. Mais leur « design »‘ est plus léger, moins massif. Leurs chiffres et leurs aiguilles sont plus discrets, moins phosphorescents.

Leurs remontoirs ne sont pas protégés et rien, en elles, n’indiquent qu’elles aspirent à être considérées comme des outils. Au contraire, elles empruntent beaucoup à la mode avec leurs savants cloutages, leur bichromie étudiée, leurs bracelets faisant appel aux derniers raffinements, surtout quand elles ont nom Omega, Audemars Piguet, Cartier, Ebel, Jaeger Le Coultre Baume & Mercier. Si elles affichent une évidente vocation sportive, soulignée précisement par leurs bracelets, il ne faut pas en déduire qu’elles peuvent sans dommage subir le même traitement qu’une montre de plongée. Néanmoins, rien ne vous empêche de prendre la mer avec elle, et même de faire de la planche à voile par exemple, à condition toutefois de les faire réviser régulièrement pour éviter que leurs joints d’étanchéité ne vieillissent mal.
Reste à dire un mot du raz-de-marée du quartz. On sait qu’il a la propriété de se mettre en vibration avec un courant, même d’une très faible intensité, et que les montres qui en sont équipées sont d’une très grande précision. La nouvelle génération qui a pris le relais des quartz en barreau qu’on était obligé de faire tenir au boitier par plusieurs points est particulièrement fiable puisque le quartz, qui a maintenant la forme d’un diapason, n’a plus qu’un point de fixation, ce qui atténue considérablement l’effet des chocs sur lui. D’autre part, la base mécanique d’une montre a quartz de type traditionnel est très simplifiée et son usure très faible, d’autant que les pièces en mouvement sont moins nombreuses. Enfin, la durée des piles qui, à l’origine, n’était que de dix-huit mois, atteint maintenant trois ans et même, avec les piles au lithium, cinq ans. Le changement de pile, le fait est à souligner, est une affaire de spécialiste qu’il faut confier à un horloger (attention : il existe plus de trente références de piles !).

Impossible de clore le chapitre des montres sans dire un petit mot des montres à affichage digital. Elles n’ont plus de base mécanique, plus de pièces en mouvement, mais simplement des circuits électroniques. Par principe, elles devraient se révéler plus fiables, encore que la complexité de leur programmation conduit à une multiplication des boutons-poussoirs qui constituent autant d’entrées d’eau possibles. En tous les cas elles ont déjà conquis tous les amateurs de gadgets et de
bip-bip.
Il faut bien vivre à l’heure de son temps.

Liste des montres testées dans ce dossier :

  • Les Sportives
    • Yema Croisière
    • Seiko « Sports 100 » dame
    • Buler quartz homme
    • Seiko « Sports 100 »
    • Buler quartz femme
    • Kelton 245-17
    • Kelton dame 231-41
    • Eterna « Transat » homme
    • Certina DS 4 homme
    • Yema Yachtingraf 4
    • Kelton dame 231-11
    • Casio LW 501 – dame
    • Casio W 21
    • Kelton 245-31
    • Citizen
    • Certina DS Quartz dame
    • Tissot PR 100 Saphir
    • Tissot PR 100 Saphir dame
    • Eterna « Transat » dame
    • Casio W 150
  • Les profondes
    • Rotary Aquadive
    • Spondylia dame
    • Certina DS Super PH 1000
    • Scubapro 500
    • Doxa Sub 300 T
    • Spondylia
    • Doxa Sub 200 T Sharkhunter
    • Elvia Nice dame
    • Elvia Marine
    • Doxa Sub 200 T Searambler
    • Doxa Sub 600 T Professional
    • Yema Navygraf 3
    • Citizen Cryston
    • Cavalero quartz
    • Citizen dame
    • Yema Superman
  • Les luxueuses
    • Ebel quartz homme
    • Ebel quartz dame
    • Audemars-Piguet homme
    • Baume et Mercier homme
    • Omega Seamaster
    • Baume et Mercier Riviera
    • Cartier quartz dame
    • Rolex Submariner
    • Cartier quartz homme
    • Audemars-Piguet dame
    • Jaeger Le Coultre dame
    • Omega Constellation
    • Jaeger Le Coultre Albatros

Les dernières arrivées

Aquastar Atoll quartz
Montre de plongée à quartz éprouvée à 200 mètres. Lunette crantée avec cliquet de non-retour.
Boitier bicolore en acier inox avec protection de la couronne. Glace en matière synthétique avec loupe sur le dateur. Cadran noir avec graduations bien lisibles. Bracelet en acier bicolore. Prix : 1.330 F

Aquastar Régate
Montre de régate automatique testée à 100 mètres et dotée de cinq disques qu’on déclenche par un poussoir et qui égrènent les minutes en changeant de couleur après chaque coup de canon.
L’aiguille des secondes est très visible. Le mécanisme de compte à rebours peut être stoppé et remis en marche immédiatement.
Bracelet métallique. Prix : 2.500 F

Aquastar Régate Aquasurf
« Timer » de régate à mouvement mécanique conçu pour les véliplanchistes. Système de compte à rebours identique au précédent. Boîtier chromé noir avec deux poussoirs (compte à rebours 10 minutes continues ou avec arrêt intermédiaire. cu retour à zéro et re-départ). Aiguille orange très lisible. Le « timer » permet de participer aux régates avec la possibilité d’être à la seconde précise sur la ligne de départ.
Bracelet tresse. Prix : 900 F

Aquastar Régate Newport
Belle montre automatique de régate éprouvée à 100 mètres.
Boitier inox avec protection complète de la couronne. Elégante lunette vissée. Système de compte à rebours identique aux précédents. Bracelet vissé acier.
Cadran très lisible. Prix : 2.800 F

Aquastar Benthos « Professional »
Belle montre de plongée automatique éprouvée à 1.000 mètres aux formes très douces. Boîtier monobloc en acier inox avec protection de la couronne. Lunette tournante à cliquet de non-retour. Graduations et aiguilles fluorescentes bien lisibles. Glace saphir inrayable.
Cadran comportant un compteur de minutes déclenché par un poussoir. Bracelet en acier inox, plus bracelet souple en caoutchouc. Garantie dix ans. En prime Aquastar offre une splendide montre marine. Prix : 6.000 F

Nous aurons l’occasion de reparler des intéressants compteurs à rebours de la nouvelle collection Aquastar, en particulier du Count-down qui devrait intéresser tous les plongeurs.

L’heure au présent
Un certain nombre de montres étanches nous sont parvenues trop tard pour que nous puissions les présenter avec les autres dans notre numéro de novembre. Nous le faisons donc cette fois-ci.
Certaines d’entre elles, vous en conviendrez, sont absolument remarquables et il aurait été dommage de les pénaliser

Liste des montres testées dans ce complément :

  • Squale Saphir 2001
  • Breitling Tabarly Transocéan
  • Breitling Tabarly Superocéan
  • Breitling Tabarly
  • Breitling Mercure
  • Breitling Navitimer Pluton Marine
  • Breitling Orion
  • Rotary 102-128
  • Rotary 112-626
  • Rotary 112-072

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