1978 – Les trotteuses à l’heure des présents

Le magazine Océans, publiait régulièrement des informations sur le matériel de plongée, et notamment les montres.

Voici un dossier tiré de l’édition de décembre 1978.

QUINZE MONTRES DE PLONGÉE A CŒUR OUVERT

Lourdes, épaisses, massives, les montres de plongée passent rarement inaperçues. C’est le lot des instruments qui ont de la personnalité. Avec leurs impressionnantes carcasses d’acier et de verre, elles ont vite fait de classer leurs propriétaires.

C’est sans doute ce qui en fait le prix. Avant nous voulu vous présenter les nouveautés les plus marquantes à côté de modèles déjà classiques.

Offrir une montre de plongée à l’occasion de Noël : l’idée est bonne et le cadeau plaira sans doute à son heureux destinataire si celui-ci ne rêve que de secs isolés au large, de grottes aux ombres tapissées de gorgones ou, plus simplement, d’agachons silencieux devant quelque loup imprudent.
Fabriquées par une vingtaine de marques, environ cent cinquante montres de plongée sont disponibles sur le marché français pour des prix variant du simple au décuple.

Devant un si large éventail, l’acquéreur est en droit d’avoir quelques hésitations. Aussi, avant de fixer son choix, doit-il d’abord pouvoir répondre à deux questions. Pourquoi certaines montres de plongée ne coûtent que trois ou quatre cents francs, alors que d’autres franchissent allègrement le cap des trois mille francs? Comment différencier une bonne montre d’un modèle de fiabilité discutable ?

Il semble difficile de répondre à la première question de manière formelle. En effet, il existe des montres bon marché qui se révèlent, à l’usage, être d’excellents outils, solides et précis, tandis que d’autres, coûtant beaucoup plus cher, posent à leur propriétaire des problèmes inattendus et
parfois graves.

Cependant, en règle générale, un certain nombre de caractéristiques permettent de distinguer les montres bon marché par rapport aux modèles de haut de gamme.
D’abord, la différence peut résider dans les matériaux: boîtier moins massif, verre en plexiglass, couronne et mécanisme de qualité moyenne pour les premières, verre minéral, boîtier robuste, couronne bien étanche et mécanisme de haute précision pour les secondes.

Ensuite, une comparaison peut être faite dans la fabrication même de la montre. Il est admis que les modèles bon marché sont l’objet de tests d’étanchéité et de profondeur d’utilisation moins nombreux et plus succincts que les montres coûteuses dont certaines ne subissent pas moins de trente ou quarante vérifications successives touchant des paramètres tels que la position, la température extérieure, etc… Ce sérieux dans la préparation et le contrôle influe bien entendu sur le prix.

Enfin, l’esthétique joue, elle aussi, un rôle important, dans la mesure où les modèles de prix élevés ont la plupart du temps fait l’objet de recherches poussées destinées à leur conférer, outre les qualités d’un outil, celles d’un objet d’orfèvrerie agréable à porter.

Sept critères pour un choix

La différence entre une bonne montre de plongée et un modèle moins conforme aux services qu’est en droit d’attendre son utilisateur, repose sur un certain nombre de caractéristiques qui portent sur le mécanisme, le boîtier, le verre, la lunette, la couronne, le cadran et le bracelet.
Déjà très répandue dans les montres de ville, la mécanique dite « à quartz » gagne les faveurs des fabricants de montres de plongée. Par rapport au traditionnel système automatique, le principe du quartz se traduit par une précision beaucoup plus grande, au point que certains modèles de bonne qualité ont une courbe d’erreur de l’ordre d’une à deux minutes par an !
Alimentées par une pile peu onéreuse, dont l’autonomie va de un à cinq ans, les montres de plongée à quartz ne nécessitent aucune manipulation de la couronne. Le risque d’entrée d’eau est donc moindre que sur des montres automatiques normales. Le changement de la pile est effectué par un spécialiste qui en profite pour procéder à la révision annuelle d’étanchéité à laquelle toute montre de plongée doit être normalement soumise.
Le boîtier doit être massif et robuste, doté d’anses bien dimensionnées et de renforts protecteurs entourant la couronne pour isoler celle-ci des chocs latéraux.
Traditionnellement, les verres de montres sous-marines sont en plexiglass. Un matériau peu coûteux, mais rayable et pouvant devenir légèrement opaque avec le temps. Il est aujourd’hui progressivement remplacé par le verre minéral, qui assure une lisibilité parfaite et qui se révèle à l’usage pratiquement à l’abri des rayures. Lorsqu’il s’en produit une à la suite d’un choc particulièrement fort avec une matière très dure, le verre minéral est, au contraire du verre en plexiglass, irrécupérable. Son prix est par ailleurs beaucoup plus élevé: 60 à 80 F contre 10 à 15 F pour le plexiglass.

La lunette a pour fonction de permettre au plongeur d’afficher la durée prévue de sa plongée et de pouvoir connaître d’un simple coup d’œil le nombre de minutes qui lui restent avant sa remontée. Elle doit être crantée pour assurer une meilleure prise. Un système de cliquet doit l’empêcher de
retourner en arrière, ne serait-ce que d’un millimètre. Enfin, ses graduations doivent être clairement lisibles et correctement gravées pour éviter tout risque d’effacement.

La couronne, de son côté, peut être vissée ou non vissée. Dans le premier cas, elle doit être vissée à fond pour être bien étanche.
Un avantage : elle fait alors bloc avec le boîtier et sa résistance aux chocs est meilleure. Un inconvénient : si, avant la mise à l’eau, elle n’a pas été soigneusement vissée, le risque d’infiltration d’eau n’est pas négligeable. Au contraire, les couronnes non vissées sont prévues pour rester
étanches en toutes circonstances. Certaines ont même un double joint O Ring assurant une protection parfaite.

Le cadran doit être de couleur sombre. Il faut que les aiguilles soient plates et larges, même si l’esthétique de la montre doit en souffrir. Chaque aiguille doit être bien pourvue en radium et, si possible, bordée d’un liseret blanc.

Dernier point entrant dans le choix d’une montre sous-marine, le bracelet. Peu de fabricants proposent des bracelets métalliques vraiment adaptés à la plongée. Une seule marque, Rolex, a atteint un réel degré de perfection dans ce domaine avec des bracelets dont le prix reste malgré tout élevé, quoique très justifié. Les modèles en plastique sont répandus et leurs qualités sont indéniables. Attention aux risques de rupture et aux déformations provoquées par le contact avec certains produits (solvants, essences, etc…). Reste le bracelet nylon qui, en dehors d’une esthétique
discutable, ne présente que des avantages : réglage sur mesure en fonction de la manche du vêtement isothermique, solidité, sécurité en cas de rupture d’une des deux anses du boîtier (l’autre restant attachée).
Un seul impératif, la boucle doit être en acier inox sous peine de se teinter rapidement d’une couleur rouille très automnale.

Que conclure? Aux côtés de montres parfaitement étanches conçues aussi bien pour la ville que pour les sorties en mer, il existe maintenant toute une catégorie de montres entièrement pensées pour satisfaire le plongeur le plus exigeant.
A partir de neuf cents ou mille francs, l’acquéreur aura la certitude, s’il conduit son choix en s’appuyant sur les critères cités plus haut, d’acheter un excellent modèle propre à lui apporter ce qu’il est en droit d’en attendre au premier chef : la sécurité.

Liste des montres testées dans ce dossier :

  • 9 nouveaux modèles
    • Citizen Automatic
    • Frojo Professionnel automatique
    • Seiko Sport 100
    • Elvia Plong-quartz
    • Omega Seamaster Cosmic 2000
    • Le Spondyle Spondylia
    • Eterna Royal quartz Kon Tiki
    • Scubapro Scubapro 500 quartz
    • Yema Montre à quartz
  • 6 grands classiques
    • Aquastar Benthos 500
    • Doxa Sub 300T
    • Cavalero H. 200
    • Rolex Submariner date
    • Certina D.S.
    • Tudor Submariner

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