Le magazine Océans, publiait régulièrement des informations sur le matériel de plongée, et notamment les montres.
Voici un dossier tiré de l’édition de novembre 1975.







36 montres de plongée au banc d’essai :
L’HEURE DE VÉRITÉNoël approche à grands coups de palmes. Vous allez donc avoir bientôt une bonne occasion de vous offrir, ou mieux, de vous faire offrir, une nouvelle montre de plongée. En France, vous pourrez faire votre choix entre plus de soixante modèles différents dont les prix peuvent s’échelonner entre 150 et 19.600 F. Mais tous ne sont pas également adaptés à vos besoins ou à votre budget. Voici quelques informations qui pourront vous guider ainsi qu’une description de trente-six montres particulièrement représentatives de l’échantillonnage que vous trouverez sur le marché, et que nous avons soumises à quelques tests.
Créée à l’origine pour satisfaire les besoins spécifiques des amateurs de sports subaquatiques, la montre de plongée, à cause sans doute de sa forme originale, de son aspect d’outil, de son côté technologie, connaît une vogue incontestable auprès d’un large public au sein duquel les plongeurs ne constituent plus, finalement, qu’une minorité. Conséquence, on a vu apparaître sur le marché nombre de modèles qui, bien qu’ayant l’apparence de véritables montres de plongée, n’en ont pas les qualités. Or, s’il est un équipement pour les qualités duquel le plongeur doit être particulièrement exigeant, c’est bien sa montre. C’est elle qui, avec le profondimètre, lui permet de ne jamais sortir des limites impératives imposées par la physiologie à la durée et à la profondeur de ses immersions dans l’eau. Transgresser, ne serait-ce que de quelques minutes, ces règles, reviendrait à prendre le risque de périr en caisson ou de vivre impotent tout le reste de son existence.
C’est dire qu’un plongeur ne peut se permettre d’utiliser une montre dont l’étanchéité ne serait pas durable, dont le mouvement serait trop sensible aux chocs ou aux variations brusques de température, qui ne serait pas parfaitement lisible sous l’eau ou qui ne permettrait pas de mémoriser, sans risque d’erreur les temps écoulés.
C’est donc dans cet esprit que nous avons examiné les trente-six montres présentées dans les pages suivantes, en nous assurant pour cela la collaboration technique de M. Richard Frojo, qui est à la fois un plongeur
éclairé et, en tant qu’horloger, le grand spécialiste de la montre de plongée dans le Midi. Notre examen a d’abord porté sur les caractéristiques techniques des montres. Quatre sont essentielles ; elles concernent le mouvement, l’étanchéité, la mémorisation des temps écoulés, la lisibilité. Deux autres sont moins importantes, elles concernent les matériaux utilisés pour le boîtier et pour le verre, et le parti pris pour le bracelet. Nous avons ensuite fait réaliser, sous notre contrôle, divers tests dans le laboratoire de M. Frojo pour vérifier la fiabilité des montres dans les domaines de l’étanchéité à différentes pressions, de la résistance aux brusques variations de températures et de la résistance aux chocs. Enfin, nous avons vérifié en plongée réelle, par quarante mètres de fond, les qualités d’utilisation de chaque montre, portant en particulier notre attention sur le bracelet, la lisibilité et les facilités de manipulation de la lunette tournante.Vous trouverez, pages suivantes, nos conclusions pour chaque modèle, mais il est intéressant de faire, auparavant, une analyse globale de ce banc d’essau.
Le mouvement. – Comme pour toutes les montres, il est important que le mouvement d’une montre de plongée soit précis. Mais il est en outre impératif que cette précision subsiste même lorsque la montre est soumise à une variation importante de température, ce qui est le cas chaque fois que le plongeur se met à l’eau. Il faut également que le mouvement soit solide, qu’il ne s’arrête pas ou ne change pas de rythme lorsqu’il subit un choc, ce qui arrive souvent en plongée.
La précision d’une montre dépend en grande partie de son degré de perfectionnement, donc de son prix. On peut classer les mouvements des montres que nous avons testées en quatre grandes catégories: le plus sophistiqué est le mouvement électronique à diapason, qui est alimenté par une pile et divise la seconde en 360 vibrations. Ensuite vient le chronomètre : c’est une montre vendue avec un certificat attestant qu’elle a subi tous les tests et réglages nécessaires dans un laboratoire spécialisé. Le chronomètre ne doit pas être confondu avec le chronographe, qui n’a pas nécessairement subi les mêmes tests, mais est équipé d’une commande spéciale pour faire partir et arrêter l’aiguille des secondes et permettre ainsi certaines mesures de temps. Il y a, enfin, le mouvement classique, qui peut être automatique ou à remontoir et peut être plus ou moins précis selon qu’il fonctionne à la fréquence de 18.000, 21.600 ou 28.800 vibrations à l’heure.Nous avons donc passé les trente-six montres à l’oscillographe pour vérifier leur précision de départ. Puis, nous les avons soumises à un test thermique qui a consisté à comparer leur précision à 50° puis à 5°, le passage d’une température à l’autre s’effectuant brutalement.
Ensuite, nous avons fait subir à chaque montre quatre chocs successifs. Un nouveau passage à l’oscillographe nous a permis de vérifier les modifications apportées par ces chocs, à la précision de chaque montre.
Première remarque, importante : toutes les montres testées sont au départ d’une précision acceptable. La plus mauvaise avance de soixante secondes par vingt-quatre heures, mais n’importe quel horloger aurait pu, à la vente, la régler convenablement. Il faut cependant savoir que, plus un mouvement est perfectionné, sophistiqué, donc cher, plus il est possible de le rendre précis.
Seconde remarque: le fait de faire passer subitement les montres de 50° à 5° n’a eu aucun effet sur leur précision.
Troisième remarque : les chocs ont provoqué des variations dans la précision, mais assez faibles. Assez faibles, en tout cas, pour ne pas avoir à être prises en considération dans le calcul des paliers.
Quatrième remarque : nos tests n’ont porté pour chaque modèle que sur un seul spécimen. On ne peut donc en tirer de conclusion absolue, applicable à l’ensemble de la série.L’étanchéité. — Il est évident qu’une montre de plongée doit être étanche. Une infiltration d’eau, et le mouvement a toutes les chances d’être perturbé ou interrompu, au risque de fausser dans l’immédiat tout calcul de palier. A terme, c’est de toute façon la mort du mécanisme si on ne prend pas très
vite certaines précautions décrites plus loin.
Dans une montre de plongée, les infiltrations peuvent se faire par le fond du boîtier, le verre, la couronne (remontoir). Au niveau du fond et du verre, il s’agit pour les constructeurs d’obtenir une étanchéité statique. C’est
un problème qu’ils ont parfaitement résolu et des infiltrations à ce niveau sont tout à fait exceptionnelles.
(Théoriquement, puisqu’il se trouve que les deux seules montres qui ont pris l’eau au cours de nos essais ont justement révélé un défaut de montage au niveau du fond.)
Au niveau de la couronne, par contre, les constructeurs doivent résoudre le problème plus complexe de l’étanchéité dynamique. Il faut en effet que l’utilisateur puisse actionner son remontoir chaque fois que nécessaire, sans risquer de nuire, par l’usure, à l’étanchéité.
A l’origine, cette étanchéité était simplement obtenue par un presse-étoupe, procédé encore utilise sur la plupart des montres à prix modérés. Pour ces montres, l’étanchéité est satisfaisante au départ, mais elle se dégrade avec le temps, au rythme de l’usure. Elle doit donc être vérifiée au moins une fois par an. Ajoutons que, les presse-étoupe étant prévus pour fonctionner en pression, l’étanchéité est meilleure au fond qu’en surface, ce qui explique pourquoi les plongeurs noient plus souvent leur montre dans leur baignoire ou leur lavabo qu’au cours de leurs plongées.
Chez plusieurs constructeurs, le procédé du presse-étoupe a été remplacé par celui de la couronne vissée : le remontoir, après avoir servi, est revissé sur la carrure pour fermer l’orifice par lequel il passe, un peu à la manière d’un robinet. Ce procédé est pour beaucoup dans la réputation mondiale des montres Rolex, qui ont conservé pendant longtemps l’exclusivité du brevet. Ce brevet est maintenant tombé dans le domaine public, mais entre-temps, d’autres marques sont arrivées à mettre au point des systèmes tout aussi étanches, en particulier par l’utilisation de joints toriques. Ces procédés, cependant, pas plus que la couronne vissée ou que le simple presse-étoupe, n’annulent complètement les effets de l’usure, d’où notre préférence pour les montres sans bouton-pressoir, mais dotées d’une couronne unique protégée des chocs, précises et automatiques, qu’il n’est pas nécessaire de remettre à l’heure, ni de remonter tous les jours, et même sans calendrier qu’il faut corriger tous les deux mois.Dans la plupart des cas, les constructeurs indiquent pour quelle profondeur maximum ils assurent l’étanchéité de leur montre. Pour les montres de petit prix, vous devez vérifier ce chiffre. Pour les autres, les profondeurs indiquées dépassent souvent largement celles que vous pouvez espérer atteindre un jour. Cent mètres est la norme, deux cents est courant, il y a même des montres données pour cinq cents et mille mètres.
Pour ce qui est des trente-six montres que nous vous présentons, nous les avons toutes testées en caisson jusqu’à soixante-quinze mètres de profondeur, même celles du bas de la gamme dont certaines n’étaient données que pour cinquante mètres, et ceci à deux reprises, une première fois à la température ambiante, une seconde fois après les avoir soumises à un brusque changement de température (50°-5°) — ce changement de température étant susceptible de faire jouer entre eux les différents matériaux qui constituent l’enveloppe de la montre. Une seule exception, la Kelton, que nous n’avons testée que jusqu’à sa profondeur annoncée, 25 mètres.La méthode que nous avons utilisée pour ce test était assez simple. La montre, après avoir été maintenue une heure dans l’eau d’un caisson à une pression de onze atmosphères, était posée sur un coussin chauffant. Une apparition de buée sur le verre aurait permis de constater toute infiltration d’eau. Une montre seulement, une n a pris l’eau dans ces conditions.
Une autre, la Marti, ayant « coulé » au cours des essais en mer. Ces deux montres ont révélé un défaut rarissime, au niveau du fond.
Cela vient parfaitement confirmer la maîtrise obtenue par les constructeurs dans le domaine de l’étanchéité.
Il ne faut toutefois pas perdre de vue que nos tests n’ont porté que sur des montres neuves, à raison d’un seul spécimen par modèle.La mémoire de temps. — L’une des exigences du plongeur est de pouvoir disposer d’un système simple lui permettant de calculer le temps écoulé sans avoir à faire appel à sa mémoire, d’abord pendant la plongée, ensuite pendant les paliers successifs.
Ce besoin peut être satisfait par le chronographe dont la trotteuse peut être déclenchée puis ramenée à zéro à volonté. La grande majorité des constructeurs a cependant donné la préférence au système plus simple. plus fiable et moins onéreux de la lunette tournante. Cette lunette est graduée de 0 à 60 minutes. Au début de la plongée, le zéro de la lunette est placé en regard de l’aiguille des minutes. Le temps écoulé ainsi donné immédiatement par la position de l’aiguille des minutes par rapport à la graduation de la lunette.Compte tenu de l’importance, pour la sécurité du plongeur, du calcul des temps écoulés plongée, puis aux paliers, il est capital que la lunette fonctionne parfaitement et qu’en particulier elle ne risque pas de se déplacer accidentellement en cours d’utilisation.
Les constructeurs ont, dans ce but, choisi entre diverses options : lunette intérieure (à l’abri des accrochages intempestifs, mais qui a l’inconvénient de nécessiter la mise en oeuvre d’une deuxième couronne, donc de créer un deuxième point d’infiltration possible), lunette extérieure à frein, crantée, à cliquet, à sécurité, par bouton-pressoir, à sens unique (c’est-à-dire ne
présentant le risque de se déplacer accidentellement que dans le sens le plus favorable à la sécurité du plongeur).La lisibilité. — Il ne suffit pas qu’une montre soit précise, étanche, équipée d’une bonne lunette, pour qu’elle soit apte à la plongée. Encore faut-il que sa
lisibilité soit satisfaisante sous l’eau. Or, curieusement, nous avons pu constater que ce n’est pas toujours le cas, au cours de nos tests en plongée réelle.
Toutes les montres dites de plongée ne sont pas satisfaisantes sur ce point, ce qui laisse supposer qu’elles sont parfois créées par des techniciens qui n’ont jamais mis la tête sous l’eau. A quarante mètres de fond, en fin de journée, vous avez besoin d’une montre parfaitement lisible aussi bien pour ce qui est du cadran que pour ce qui est de la lunette tournante.
Evitez donc les cadrans compli-qués, surchargés d’inscriptions, et choisissez ceux qui sont dotés d’index et d’aiguilles largement dimensionnés et bien lumineux de nuit.Le bracelet. — De toute évidence, le bracelet n’a pas de rapport direct avec les qualités intrinsèques de la montre elle-même. Il doit cependant satisfaire l’utilisateur sur deux points : il doit être fiable (attention en particulier aux attaches, au niveau de la carrure) et réglable (pour ceux qui portent la montre sur la peau en ville, sur la combinaison en plongée).
Quelques conseils. — La plupart des montres de plongée sont vendues avec une garantie, mais pensez aux délais de réparation (surtout en été, pendant les congés payés, justement à la saison où vous en avez le plus besoin). Donnez votre préférence aux revendeurs dotés d’un atelier de réparation spécialisé. Portez votre montre continuellement.
Lavez-la périodiquement à l’eau et au savon. Ne la remontez pas, ne la remettez pas à l’heure lorsqu’elle est mouillée, vous feriez pénétrer de l’eau
dans le boîtier. Si vous noyez votre montre, ou si elle se dérègle, confiez-la immédiatement à un spécialiste. Même si elle fonctionne sans histoire, faites-la réviser automatiquement une fois tous les deux ou trois ans.
Liste des montres testées dans ce dossier :
- Benthos 500 Aquastar
- Sea Time Aquastar
- Glasstar Aquatar
- Snorkel Homme Bulova Accutron
- Snorkel Femme Bulova Accutron
- H 200 Cavalero
- DS Certina
- Sub 300 T diving star Doxa
- Sub 200 Coralline Doxa
- Plongée H automatic Elvia
- Soper Kon Tiki Eterna Matic
- Guilde des Orfèvres
- SOS Guilde des Orfèvres
- Autavia décompression Hueur
- Memovox Jaeger-Lecoultre
- AC 323 Jaz
- Kelton
- Nautic Ski Lip
- Marti
- Réf 17 408 Maty
- Seamaster 120 Omega
- Semaster professionnal 600 Omega
- Chronographe profondimètre Provhor
- Réf 08 Reglex
- Submariner Rolex
- Sea Dweller Rolex
- Water 150m Seiko
- Chronographe Seiko
- Triton Spirotechnique
- Triton J Spirotechnique
- Saphir 2001 Squale
- 1521 Master Squale
- Zan 44678 Tissot
- Prince Oyster Date Tudor
- Sous-Marine Yema
- Superman Yema
